Nouvelles d'Arménie
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ARMENIE
« Arménie : la tension est remontée d’un cran » par Laurence Ritter

samedi1er mars 2008, par Stéphane/armenews


Dès la fin de l’après midi, après une relative accalmie la tension est remontée d’un cran, avec des discours improvisés à la tribune de fortune installé juste face à la mairie d’Erévan, à cinquante mètres de l’ambassade de France. Vers 20 heures, les forces de l’ordre ont commencé à progresser vers le périmètre ou se tient la foule, barricadée derrière des bus qui barrent tous les accès, depuis les jardins qui jouxtent l’ambassade d’Italie jusqu’à la mairie dans un sens, et dans l’autre, ceux de l’avenue Krikor Loussavoritch ou se trouve d’un coté l’ambassade de France et de l’autre celle de Russie . C’est pourtant au bout de cette avenue Krikor Loussavoritch, à l’angle de l’avenue Mashtots, qu’on eu lieu à partir de 21h30 les premiers affrontements graves, précédées par quelques salves de balles traçantes traversant l’air au dessus de la foule. Très rapidement, manifestants et forces de l’ordre ont commencé à s’affronter sur ce carrefour entre l’avenue Grikor Loussavoritch et Mashtots. Equipés de barre de fer, de cocktails molotov et de pierres arrachées au bitume cassé de l’avenue, les manifestants, souvent les plus jeunes en tete ont une première fois fait un peu reculer la police jusqu’aux rues Léo et le début de la rue Proshian. Se relançant chaque fois à l’assaut en dépit de canons à eau qui ont essayé de les disperser, par petits groupes très mobiles, les manifestants ont continué tandis que plus loin, derrière les bus en travers de la chaussée, le gros de la foule ne voulait pas céder à la panique, convaincue qu’en restant là en masse, elle pourrait éviter les assauts.

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A 22h30 heure d’Erévan les chaînes nationales ont commencé à annoncer que l’état d’urgence était proclamé, ce qui signifie en substance que les rassemblements sont interdits, et les déplacements limités. Le président Robert Kotcharian a appelé vers la même heure à une conférence de presse qui devait être diffusé sur les chaines nationales. A minuit, les affrontements se poursuivaient toujours. Le bilan est très difficile à établir : au beau milieu de l’émeute, certains des manifestants affirmaient qu’ils avaient vu des corps sans vie sur la chaussée, mais l’information est impossible à vérifier dans cette confusion générale d’affrontements très violents. On a vu cependant des blessés graves refluer assez rapidement vers le périmètre « protégé » par ces barricades de bus, un jeune policier notamment, le crane en sang, protégé par certains manifestants contre d’autres et qu’on a finalement réussi à évacuer par ambulance. Plus tard, c’est le tour d’un jeune adolescent, là aussi le crâne en sang et surtout l’oeil horriblement abîmé. Si certains leaders de l’opposition apparaissaient jusqu’à tard dans la nuit à la tribune improvisée, Levon Ter Pétrossian, lui, ne peut mettre un pied hors de sa maison bunker sous peine de se faire arrêter immédiatement par la police qui cerne sa résidence non loin du Dzidzernagabert.

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Tout ce périmètre autour des trois ambassades tenait encore bon en fin de soirée en dépit de l’émeute. L’avenue Mashtots et tout ce périmètre sont complètement encerclés par les forces de police, qui sont aussi largement déployées sur la place de la république et la rue Sarian et un peu partout dans le centre, dont de nombreuses rues restent fermées à la circulation.

Laurence Ritter

Nouvelles d’Arménie Magazine


Photos : Max Sivaslian


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